***
Un village amassé sur une péninsule
Aux façades chaulées en touches minuscules
Couve sous les dattiers une rade douillette.
Des mouettes émaillées aux mats des goélettes
En fleurs de porcelaine, statuettes inertes,
Posent un oeil glacé, sur la vague crémeuse,
Qui roule et qui s'enroule en boules sirupeuses.
Et sur le sable roux des rayures de miel
Caramélisent en fines brisures d'arc-en-ciel.
Et le vent insouciant les égraine en souffrance.
Un marin revenant imprime sur la plage
Une foule de pas, fragile transhumance,
Sableuse migration au fauve métissage.
Les dattiers éclatés aux vents acidulés
Agitent tremblotants leurs mains articulés.
Ils frissonnent pour sûr, en souvenir du large,
Qui de bouche à oreilles emplit les coquillages,
Et transporte salé le râle des marées.
La ruelle étranglée aux murs parcheminés,
Descend en escaliers vers la place déserte,
Et s'ouvre à la fontaine en fraîcheurs satinées.
Le marin disparaît dans la ruelle inerte.
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Un village amassé sur une péninsule
Aux façades chaulées en touches minuscules
Couve sous les dattiers une rade douillette.
Des mouettes émaillées aux mats des goélettes
En fleurs de porcelaine, statuettes inertes,
Posent un oeil glacé, sur la vague crémeuse,
Qui roule et qui s'enroule en boules sirupeuses.
Et sur le sable roux des rayures de miel
Caramélisent en fines brisures d'arc-en-ciel.
Et le vent insouciant les égraine en souffrance.
Un marin revenant imprime sur la plage
Une foule de pas, fragile transhumance,
Sableuse migration au fauve métissage.
Les dattiers éclatés aux vents acidulés
Agitent tremblotants leurs mains articulés.
Ils frissonnent pour sûr, en souvenir du large,
Qui de bouche à oreilles emplit les coquillages,
Et transporte salé le râle des marées.
La ruelle étranglée aux murs parcheminés,
Descend en escaliers vers la place déserte,
Et s'ouvre à la fontaine en fraîcheurs satinées.
Le marin disparaît dans la ruelle inerte.
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